7ie étape AURITZ la plage… 91km 2100+ 3000-

Sur la selle à 7h pour rejoindre le départ 10km plus haut. Tout est humide. J’ arrive dans les premiers. Je me place dans la première vague. Il y a beaucoup de vttae autour de moi. Le charismatique Oriol ( encore une sumilitude avec le dakar d’ antan), directeur de course, tient déjà le micro. La sono crache le générique du seigneur des anneaux. Une ambiance qui me fera toujours autant d’ effets.

Les vttae partent à fond. Je contrôle mon autonomie. Le terrain est plus que gras. Les paysages me font penser au gorilles dans la brume du Malawi.

Nous sommes dans le pays basque. Le massif est creusé d’ une multitude de vallons avec des pentes bien raides. Tout est plus que vert. Les projections de boue sont permanentes. Le niveau des gars autour moi me laisse perplexe. Dans la première descente, je suis largué et me voilà seul. Arrivé sur la route je me fais encore doubler par deux gilets jauneS qui pédalent en concert. Mon moteur bloqué à 25km/h, je me défonce pour garder le contact. Je n’ ai pas de Gps sur le guidon, puisque ce n’ est pas mon vélo. Sur les chemins, j’ arrive facilement à suivre les empreintes de pneus, mais sur le goudron, je dois sortir mon téléphone à chaque intersection . On se retrouve à 5 au pied d’ une montée infernale. Les types sont tous en danseuse. Je pensais pas que l’ on pouvait accrocher du goudron sur une telle paroi. Certains patinent même.Un espagnol avec des pneus fat, réussi lui aussi l’ ascension. Il est tellement sous gonflé que ses pneus de voiture le font sautiller à chaque coup de pédale, lui faisant gaspiller une énergie qu’ il semble produire à volonté. Chapeau l’ artiste !

On est pas tous égaux dans l’ effort. C’ était la montée du jambon. Celui qui réussi à la monter en vélo se voit offrir un cuissot par les conscrits du village. Les cochons du coin ont eu très chaud, on a pas vu les conscrits.

Voilà, arrivée, l’ oriflamme signifiant le début de la spéciale. Je m’ élance , conscient qu’ avec les 3 barres qu’ il me reste, c’ est un remake d’ apollo 13 qui m’ attend. J’ emboîte la trace d’ un type qui m’ avait dit  » bonjour » en me doublant peu avant. Rémi Laffond du proteam Mtb racing avec son coéquipier allemand. Dans la première montée , je suis le train en observant la danseuse d’ un climber pro….le geste est aussi régulier que parfaitement puissant…un métier.

Conscient que le moteur n’ allait pas compenser dans la descente, je pense me faire larguer. Je tiens encore et encore. A cette vitesse le placement des roues est utopique , seule le trajectoire est à considèrer.La motéra semble indestructible. Les projections sont énormes. Les paupières servent d’ essui glace, les yeux de garde boue.

Les 19km sont avalés en 1h05. Je les congratule et l ‘ allemand me lance ‘ »good job ! « . 20 dieux, quel pied !

Le ravito est pas loin. Je branche pour 1 heure. L’ espagnol avec les pneus fat, arrive quelques temps aprés nous , dans un roulement de tambours proportionnel à sa bande roulement. Il repart en toute berzingue après avoir rincé sa chaine et avant de se désaltèrer, sans un signe de fatigue, comme trop pressé de piquer une tête dans l’ océan.

Le ciel se dégage. Passé le col d’ ibardine et ses touristes puis au loin du bleu à perte de vue. On vient de traverser un continent ! On vient de parcourir un chaine de montagnes !

Et comme l’ aventure m’est souvent bonne, la motéra se met en rade au pied de la dernière montée 50m , le point final de 18000+. Erreur 50 affichée au cadran. La mule que je croyait indestructible, a succombé. Je fini les 15 derniers kilos sur 800, en pédalant comme un fou. Un vttae , chaussé en 2,6 , c’ est une enclume. Je reste dans le groupe. L’ arrivée sur le port de plaisance est somptueuse. Les montagnes, la plage,les palmiers sont baignés par le soleil. La californie en bien mieux …Et, à son habitude, l’ organisation a trés bien fait les choses. 300 métres de stands, banderoleS, arches et un podium de formule 1. BRAVO

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